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Les besoins et la réponse humanitaires en 2025 : un défi à l’épreuve des ressources

Les besoins humanitaires demeurent importants en République centrafricaine (RCA), malgré la récente amélioration de la situation sécuritaire dans certaines localités, avec des proportions encore élevées de personnes vulnérables révélées l’évaluation multisectorielle des besoins. C’est le constat qui résulte de données évidentes collectées auprès de ménages, de l’analyse conjointe du contexte par la communauté humanitaire, et des consultations conduites à la base avec les représentants des communautés affectées.

Même si la tendance de chocs récents auxquels les populations font face est à la baisse depuis environ deux ans, notamment les affrontements entre hommes armés, la situation demeure préoccupante dans les régions où l’insécurité reste présente et où la population est exposée aux problèmes structurels et ceux liés aux intempéries. Suite à l’insécurité, un Centrafricain sur cinq demeure déplacé soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger, principalement dans les pays voisins à cause de l’insécurité engendré par le conflit. Des affrontements entre les parties au conflit et des attaques contre les civils et infrastructures associées restent récurrents et continuent d’entraîner de nouveaux déplacements qui impactent négativement le bien-être des habitants.

L’ampleur des besoins humanitaires

2,4 millions de personnes – ou 37,5% de la population - sont extrêmement vulnérables en 2025, au point que seule l’assistance humanitaire ne sera suffisante pour rétablir leur bien-être, la plupart des besoins découlant des chocs récents liés au conflit. La baisse de ce nombre comparé à 2024 est partiellement liée à l'amélioration de la situation sécuritaire dans certaines localités, et au fait que la communauté humanitaire a mené une analyse et un ciblage rigoureux des besoins humanitaires, plaidant pour un financement du développement là où la situation s'est améliorée. Les zones frontalières avec le Tchad et le Soudan, le Sud-Est et l’Ouest continuent de faire face à des défis d'insécurité et de déplacements.

Pour s’assurer que les préférences des communautés affectées soient prises en compte, 14 000 ménages ont participé aux groupes de discussion avec les acteurs humanitaires. Il en a découlé que les besoins prioritaires exprimés par les communautés affectées concernent respectivement les secteurs de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la sécurité alimentaire et la santé.

Le coût de la réponse humanitaire

Pour répondre aux besoins ci-haut exprimés, en tenant en compte les priorités face aux ressources disponibles, la communauté humanitaire devra mobiliser 326,1 dollars américains pour assister 1,8 million de centrafricains les plus vulnérables. Les zones prioritaires pour l’assistance humanitaire sont celles affectées par des chocs (conflit et violences, catastrophes, épidémies…) lors des 12 derniers mois et/ou celles où les personnes déplacées représentent au moins 25% de la population totale. Dans le reste de zones, la communauté humanitaire encouragera d’autres acteurs, notamment ceux du développement, à capitaliser entre autres sur les acquis de la réponse humanitaire pour répondre à des problèmes structurels. Toutefois comme l’a montré le contexte centrafricain, une zone jadis stable peut subitement connaître des chocs et entraîner des besoins humanitaires. En appui au gouvernement dans sa responsabilité première d’assurer le bien-être de la population, les acteurs humanitaires à travers leur présence physique continueront d’assurer une veille sur l’ensemble du territoire national, afin que personne ne soit laissé pour compte, en fonction de ressources disponibles et des priorités existantes.

Des ressources de plus en plus limitées

Déjà source d’inquiétudes en 2024, les ressources pour répondre aux besoins humanitaires en 2025 mettent sévèrement à l’épreuve l’aide humanitaire. Des programmes humanitaires ont été arrêtés en 2024, tandis que plusieurs organisations ont dû réaménager leur présence opérationnelle, notamment en fermant leurs bureaux. 2025 a commencé avec la suspension de l’aide internationale américaine, qui a appuyé environ 50% de la réponse humanitaire en RCA en 2024, en appuyant notamment l’assistance vitale en vivres, l’appui aux soins de santé et l’approvisionnement en eau potable. Par ailleurs, la plupart de personnes affectées se trouvant dans des zones difficiles d’accès exigeant donc plus de ressources, les acteurs humanitaires pourraient face à des choix difficiles. Pour anticiper la rareté de ressources, la communauté humanitaire a travaillé sur un plan d’opérationnalisation de la réponse humanitaire, de manière à aménager les priorités communes pour plus d’efficacité.

En appui au gouvernement, les acteurs humanitaires continueront de répondre aux besoins humanitaires issus de chocs récents, notamment dans les zones qui enregistrent des mouvements de population, celles qui connaissent des épidémies et celles qui sont affectées par des chocs climatiques impactant les moyens de subsistance des populations. Cette approche permettra à de jeter des bases à consolider en temps de stabilité, complétant ainsi le plan national de développement qui vise notamment à renforcer la sécurité et développer les infrastructures

Pour plus de détails, consulter Les besoins et le plan de réponse humanitaire 2025

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