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Régulation de la fast fashion : “Shein fait pression dans tous les sens”

Dans sa mouture actuelle, la proposition “risquerait de pénaliser lourdement des acteurs déjà engagés dans une démarche vertueuse, comme H&M”, argue la lobbyiste. Les sénateurs, sondés par POLITICO, n’ont pas donné suite à la demande d’entrevue.

En quête de partenaires

En parallèle, Donald Tang et ses équipes ont cherché à amadouer les représentants de l’industrie française de la mode, fervents défenseurs de la proposition de loi Violland. “Ce n’est pas la première fois qu’ils demandent des rendez-vous, mais là : ils mettent le paquet, se déplacent en nombre et approchent même les fédérations en région”, témoigne un acteur du secteur sous couvert d’anonymat.

Arguant d’une incompréhension de leur modèle économique et d’un nécessaire travail de pédagogie, les équipes de Shein ont sollicité un rendez-vous avec le Medef. La rencontre, organisée le 10 mars au siège du mouvement patronal, a réuni Donald Tang et Patrick Martin, respectivement flanqués de lobbyistes et de représentants de plusieurs fédérations.

Bilan ? “Une discussion directe et constructive”, qui a permis à Shein de “présenter (son) modèle, écouter les attentes du marché et affirmer [son] engagement envers l’économie française”, affirme Quentin Ruffat, son porte-parole.

Plusieurs participants font entendre un son de cloche bien différent : “Nos membres avaient beaucoup à dire et n’ont pas mâché leurs mots”, raconte, diplomate, un membre du Medef. “Tang joue le gendre idéal, il adopte une posture d’humilité, prétend avoir des intentions pures... de l’enfumage”, balaie un participant. “Shein fait pression dans tous les sens, mais les fédérations font front commun”, atteste un autre.

Les patrons de 19 d’entre elles ont d’ailleurs signé une tribune commune, parue le 14 mars dans La Tribune, pour dénoncer le lobbying de Shein et réclamer l’examen de la réforme Violland au Sénat.

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