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Chelsea et les remontadas : l'histoire qui doit faire peur au PSG

Le Parc des Princes a vibré, Paris a déroulé, et le score (5-2) a des allures de qualification quasi assurée. Pour le huitième de finale retour à Stamford Bridge, le PSG se présentera avec un matelas de trois buts d'avance, un avantage colossal qui devrait lui permettre de voir venir. Pourtant, au coup de sifflet final, Luis Enrique n'affichait pas la sérénité d'un homme qui a déjà un pied et demi en quarts. Le technicien espagnol, échaudé par le passé, sait que la plus grande menace pour son équipe, c'est elle-même. Et que son adversaire, Chelsea, a l'habitude de se nourrir de l'impossible.

L'ADN d'un club qui ne renonce jamais

Si les Blues n'ont, statistiquement, jamais remonté un déficit de trois buts en Coupe d'Europe, ils ont bâti leur légende sur des scénarios renversants. Le plus célèbre reste sans doute celui de 2012. Battus 3-1 à Naples en huitième de finale aller, les coéquipiers de Didier Drogba avaient arraché une qualification miraculeuse au retour (4-1 a.p.) avant d'aller soulever le trophée. Plus proche de nous, en 2014, c'est le PSG qui en avait fait les frais. Vainqueurs 3-1 au Parc à l'aller, les Parisiens s'étaient inclinés 2-0 à Londres, éliminés à la faveur du but à l'extérieur. L'ADN de Chelsea, c'est ça : une équipe qui ne lâche rien, qui sait se transcender quand tout semble perdu.

Cette culture de la "remontada", si elle est moins spectaculaire que celle du Barça ou de Liverpool, est bien réelle. Et elle est entretenue par les joueurs eux-mêmes. "Tout est possible",a prévenu Wesley Fofana après le match aller, rappelant que les Blues n'auront "rien à perdre" au retour. Un état d'esprit de guerrier qui, dans l'enfer de Stamford Bridge, peut faire des miracles.

FBL-EUR-C1-CHELSEA-PSGGetty Images

Les fantômes du PSG, l'autre menace

Car le PSG, de son côté, traîne ses propres fantômes. La "remontada" de 2017 face au Barça (4-0, 1-6) a laissé une cicatrice indélébile, une réputation de fragilité mentale qui ressurgit à chaque fois que le club se retrouve en position de force. Luis Enrique, qui était sur le banc barcelonais ce soir-là, est le mieux placé pour le savoir. Son discours public, très prudent, vise à maintenir ses joueurs sous tension, à leur rappeler que rien n'est acquis.

Le match aller, malgré le score, a d'ailleurs montré quelques signes de cette fébrilité, avec deux buts encaissés et une longue période de flottement. Dans un stade en fusion, un but rapide de Chelsea pourrait faire resurgir les vieux démons et transformer une formalité en un nouveau cauchemar. Le PSG est prévenu : pour ne pas revivre une nouvelle désillusion, il faudra être à la hauteur de l'histoire. De la sienne, comme de celle de son adversaire.

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