Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).
En signant au PSG, joueurs et entraîneurs s’attendent à obtenir un salaire conséquent, mais certains ont dû se résoudre à accepter une rémunération assez basse malgré le standing du club de la capitale depuis son rachat. C’est le cas d’un ancien parisien, acceptant un « contrat ubuesque ».
Dire qu’il n’était pas le premier choix du PSG n’est pas exagéré. Nommé au poste d’entraîneur en 2013, Laurent Blanc était perçu comme un choix par défaut à son arrivée pour remplacer Carlo Ancelotti, un statut que le principal intéressé n’avait aucun mal à assumer quelques années plus tard. « Je n'étais pas programmé par le PSG. J'ai bénéficié d'un ''concours de circonstances''. J'ai été sollicité après plusieurs refus. Je le sais. Je ne me le suis jamais caché », avait-il expliqué en 2022, dans les colonnes de L’Équipe. Et forcément, cela s’était fait ressentir sur ses émoluments.
Il signe pour un « salaire qui était très loin des standards parisiens et des grands clubs européens »
N’étant pas en position de force dans les discussions, Laurent Blanc s’était alors rapidement entendu avec le PSG. « Je suis honnête : je ne dois pas être là. Les négociations se sont faites rapidement et à leurs conditions. Les circonstances sont particulières. Quand je rencontre Leonardo, tout va très vite. C'est quasiment fait. Il a réglé ça avec mon agent rapidement. La discussion ne s'éternise pas. On accepte presque tout, avait expliqué le champion du monde 1998. Le plus dur a été le contact qui arrive tard. Tout ça était rocambolesque. Mais comme je voulais reprendre du service, que c'était le PSG, j'ai presque tout accepté en bloc. À commencer par un salaire qui était très loin des standards parisiens et des grands clubs européens ! »
« Les conditions ? Basses dans un club comme le PSG pour cette première saison. On se délecte de certaines choses à la fin (il fait référence à son indemnité de départ) quand je m'en vais mais on ne se souvient pas, on ne connaissait pas, vous les médias, les termes de mon contrat initial, avait ajouté Laurent Blanc. Mais je ne dis rien quand je signe car je suis très heureux de trouver Paris. Après, ils ont profité de ma situation personnelle et de mon envie de venir. Il y avait un beau challenge à relever. Mais on était loin, très loin des salaires actuels et que je lis dans la presse. »
« On était fourchette très basse »
Le salaire fut si bas, à en croire Laurent Blanc, que l’expérience aurait pu tourner court selon lui. « Je signe pour deux saisons mais j'ai un an. Je pense même que je n'avais que six mois dans l'esprit de certains. Le baptême est difficile. Sincèrement, vu mon contrat, je pense qu'ils pensaient qu'ils allaient me virer au bout de six mois, confiait-il. Mon contrat, la façon dont il était ficelé. Ils se sont dit que dès qu'ils trouveraient l'oiseau rare qu'ils cherchaient, ils pourraient me virer facilement. Mais je m'en foutais. Le salaire, je m'en moquais ! J'avais une opportunité incroyable. »
Finalement, Laurent Blanc a fini par convaincre, lui permettant de prolonger et de revoir sa rémunération à la hausse : « Je prolonge à deux reprises (en mai 2014 et en février 2016). Mais quand ils ont vu que ça commençait à bien tourner. On s'est alors rattrapé sur beaucoup de choses ! La deuxième fois, je prolonge aussi parce qu'ils sentent que j'ai des opportunités (ndlr : notamment Manchester United pour la fin de saison). J'ai eu six mois pour prouver, avec ce poids de dégager à tout moment, mais on s'est installés. (Il éclate de rires) Sincèrement, si vous aviez connu mon premier salaire au PSG... Mais je suis quand même réaliste. Ça restait de l'argent. Mais par rapport à la moyenne de ce qui se passe à Paris, on était fourchette très basse. C'était un contrat ubuesque, burlesque par rapport aux standards parisiens. Mais je suis très content de le signer à ce moment-là. Ça prouve que je n'étais pas destiné au PSG. Je savais que je pourrais continuer en ayant vite des résultats et en installant une identité de jeu. C'était ma priorité. Si je n'arrivais pas vite à ça, j'étais mort au bout de quelques mois ! »
Son passage du côté du Parc des Princes fut une réussite, avec onze titres glanés, dont trois de Champions de France avec deux triplés L1-Coupe de France-Coupe de la Ligue et trois quarts de finale de Ligue des champions à la suite jusqu'à son départ en 2016.