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Quand le PSG gagne

Le PSG à peine victorieux, les incidents et violences se multiplient dans la capitale, à Grenoble, Rennes, Clermont-Ferrand, Strasbourg, ou encore Cluses. Cela serait presque un rituel, de part et d'autre, selon des modalités et des discours bien rodés. Tout le monde est gagnant.

Les autorités publiques et la police d’abord, qui avaient anticipé par un dispositif hors-norme. Bien que passablement débordées, les forces de l’ordre ont réussi à maitriser la situation, chiffre d'interpellations nombreuses à l'appui. Le dernier mot doit revenir au maintien de l'ordre : _« Notre responsabilité est de garantir à chacun une fête populaire, sereine et pleinement sécurisée »_. 

Les médias dominants et la droite trouvent là aussi l'occasion de dénoncer les saccages de ces "jeunes de banlieues" - que l'on a même plus besoin de qualifier davantage, tant tout le monde l'entend à demi-mot : ce sont des "sauvages", "sauvageons", "casseurs", à l'image de hordes qui déferlent dans les centre-villes et sèment le désordre... « _La situation redevient calme. Mais tout cela est totalement anormal. Il est plus que temps de reprendre le pays en mains. »_

Mais ce sont aussi les jeunes eux-mêmes qui ont participé aux désordres et sont mis en cause - à nouveau : ils ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, fait un bon coup avec leurs mortiers et de belles images diffusées sur les réseaux sociaux, échappant pour la plupart aux interpellations, et connaissant leur petit « quart d'heure de visibilité ». Et les experts participeront eux aussi au rituel contemporain du pain et des jeux par leurs explications...

Un fait est remarquable dans la capitale, c'est la géographie des désordres : c'est exactement celle des "beaux quartiers" investis par les premiers actes des Gilets jaunes en 2018 qui, eux-mêmes, rejouaient le geste des révolutionnaires du XIXe siècle.

Y aurait-il un reste, bien sûr inconscient, de lutte des classes ? Qui irait jusqu'à le dire ? Pendant ce temps-là, on apprendra que le PSG va toucher 150 millions d'euros pour sa victoire et que, vraiment, le club détenu par le Qatar et son président ont su « magnifier la capitale » pour l'arrivée des joueurs ce dimanche... Qui cela choque-t-il ?

26 mai 2026

Michel Kokoreff, sociologue

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